La maison de Philéas Lebesgue
Société des amis de Philéas Lebesgue
1 rue Philéas Lebesgue
60112 La Neuville-Vault

03 44 48 32 50

Philéas Lebesgue

Né en 1869 à La Neuville-Vault
Décédé en 1958 à La Neuville-Vault

Biographie

Philéas Lebesgue est né le 26 novembre 1869 à La Neuville-Vault (Oise). Il s’est éteint au même lieu le 11 octobre 1958. Fils unique d’un couple de cultivateurs, il est d’abord élève de l’école de son village. Parallèlement, il est initié au latin par le prêtre de sa paroisse et sensibilisé au breton et au chant par une jeune fille bretonne employée chez ses parents. A partir d’octobre 1882, son père lui fait donner des leçons d’anglais et le met en pension au Collège de Beauvais. A l’issue de la classe de 3e classique, une paratyphoïde avec complications le laisse dans un grand état de faiblesse durant de longs mois. Il est alors dans sa seizième année et ne retourne pas au collège.

D’une intelligence supérieure à la moyenne, il continue d’étudier seul. Se sentant une vocation littéraire, il consacre son temps à la poésie et à l’étude des langues. Il apprend l’espagnol avec un oncle paternel émigré au Mexique et revenu une année entière en France, en 1889, puis il apprend le portugais.

Poète symboliste à ses débuts, en 1896, il est recommandé au directeur du Mercure de France, Alfred Vallette, par le poète portugais Eugenio de Castro pour lequel il a fait une traduction et devient l’un des rédacteurs de cette prestigieuse revue. Il y tient la rubrique des « Lettres portugaises » de 1896 à 1951, momentanément celle des « Lettres norvégiennes » en 1897, puis celle des « Lettres néo-grecques » en 1899 et des « Lettres yougoslaves » à partir de 1916. Il est proche, alors, de Remy de Gourmont, Henri de Régnier et Georges Duhamel.

Pendant la Première Guerre mondiale, il correspond avec des écrivains combattants, en particulier avec le poète Edmond Adam (1889-1918), tué au combat. En 1926, Philéas Lebesgue est élu président de l’Académie de province et de la Société des écrivains de province. Il s’intéresse aux langues régionales de France et en use pour écrire certains poèmes dès la fin du 19e siècle : le picard, le breton, le provençal. Il tente de regrouper les écrivains des régions de France métropolitaine et d’outre-mer ainsi que les écrivains francophones coloniaux. En cela, il apparaît comme un précurseur de la francophonie. Il correspond avec des confrères d’Europe, d’Afrique du Nord, des Antilles, d’Amérique du Sud et entreprend plusieurs voyages à l’étranger. Réussissant à lire les principales langues de l’Europe, Philéas Lebesgue devient très tôt un passeur de la littérature et traduit en français, seul ou avec des collaborateurs, des ouvrages de langues portugaise, espagnole, néo-grecque et serbo-croate. En outre, il est l’un des rares critiques à avoir fait découvrir dans les colonnes du Mercure de France, dès 1913, Fernando Pessoa.

De 1911 à 1933, il se déplace trois fois au Portugal, mais aussi en Grèce, en Yougoslavie et en Grande-Bretagne. Poète avant tout, cela ne l’empêche pas, à La Neuville-Vault, d’exploiter la ferme héritée de ses parents – travail parfois ingrat – et il est maire de son village de 1908 à 1947. A Beauvais, de 1911 à mai 1941, il est le chroniqueur de La République de l’Oise, quotidien départemental dans lequel il développe des informations littéraires et politiques et donne son avis sur les problèmes de son temps.

Philéas Lebesgue est l’auteur de 68 ouvrages les plus divers : poésies, romans, nouvelles, drames, chansons, essais et critiques littéraires. Son œuvre est inspirée par l’amour, la fraternité, la nature, ses voyages, l’histoire, le celtisme et l’ésotérisme. En 1928, il est nommé druide d’honneur de Bretagne et, en 1933, grand druide du Collège bardique des Gaules dont le siège est à Paris, association qui disparaît en 1939.

Il correspond, au cours de sa vie, avec plusieurs centaines d’écrivains. Citons Ajalbert, Aveline, Guillaumin, Jouve, Klingsor, Maran, Pourrat, Supervielle, mais aussi les Russes Balmont et Kouprine, le Vénézuélien Blanco-Fombona, le Belge Fontainas, l’Italien Marinetti, le Lituanien Milosz, les Portugais Sa-Carneiro et Pascoaes, l’Américain Pound, les Grecs Jean Psichari et Sikélianos.

Esprit curieux, Philéas Lebesgue est ami du théoricien de l’art moderne Michel Seuphor et entretient des relations privilégiées avec le céramiste Auguste Delaherche, le statuaire Henri Gréber, le peintre Henri Le Sidaner, à Gerberoy, chez lequel il reverra pour la dernière fois son ami Emile Verhaeren, en 1916.
Philéas Lebesgue laisse une œuvre très diversifiée, mal connue en dehors de sa poésie apprise par les écoliers de France surtout entre 1920 et 1960, et de nouveau dans l’Oise à partir des années 2000. Deux de ses ouvrages en prose, Terre picarde et Le Sang de l’Autre, ont été réédités en 2008 et 2010 par les Editions du Trotteur ailé. Des rues et des écoles portent son nom, notamment à Beauvais, Compiègne et Amiens. La Société des amis de Philéas Lebesgue, fondée de son vivant, en 1930, publie chaque année un Bulletin pour mieux faire connaître l’écrivain, son œuvre, et sauvegarder sa maison où tout est demeuré en place depuis sa mort en 1958. De l’avis de nombreux visiteurs, ce n’est pas sans émotion que l’on ressort de cette maison.

François Beauvy,
Ecrivain, Président de la Société des Amis de Philéas Lebesgue
Docteur ès Lettres de l’Université de Paris X – Nanterre

Thèse p
ubliée en 2004,
Beauvais, Ed. Awen, 674 p. et 49 photographies